Autoportrait
« Les yeux rivés sur la toile, couteau en main, je regarde se précipiter tumultueusement un torrent venu d’ailleurs.
Par-dessus ce flot, matières, formes, signes et couleurs se changent en protubérances, griffures, éclatements, fourmillements, bouillonnements…
Ces spectacles, ce sont souvent des réflexions, ou à propos de réflexions qui, me traversant l’esprit, amerrissent sur ce torrent qui paraît être mon temps.
Ou plus exactement ma présence en ce temps, follement active, follement aux aguets, follement libre et exaltante.
Je peins, je vis. Je vis, je peins. Je peins, je vis, je peins…




Autoportrait à la tulipe - 2018 - 92 x 73 cm - Technique mixte sur toile
atelier colors couteaux
Federica Murgia
Critique d’art, Florence, 2009


La Française Frédérique Vallerotonda nous entraîne vers un voyage à l’intérieur d’une artiste qui à travers la vitalité et la versatilité de la couleur, a appris à exprimer les facettes les plus cachées de son âme.

Un flottement chromatique qui appuie les états émotionnels pour créer une dimension complètement picturale dans laquelle la palpitation magmatique de la matière réifie, construit et enchante, pour un équilibre parfait entre une abstraction et une figuration inattendue qui émergent d’un tourbillon chromatique d’espaces vibrants, trempés de lumière.

Rayonnantes épiphanies propulsées sur la toile via des forces sensibilisées par des impulsions révélant, en fugaces réalités, des notes de formes et figures, parfois, si impalpables, donnant l’impression de pouvoir se fondre dans la couleur, s’évanouissant, avec la même rapidité qu’elles sont apparues. Une sensation momentanée que Frédérique Vallerotonda exploite afin de rendre encore plus intrigantes ses attractions magiques ravivées, dans les forces chromatiques, par l’alternance de tons vifs et énergiques dans lesquels la fluidité et les ondulations de la matière sont bondées d’infinies nuances, conférant toute la valeur d’une composition lyrique et complètement harmonique.
Ange-marie Teodori
Association des critiques d’art lyonnais


Le discours plastique de Frédérique Vallerotonda nous intéresse car elle nous entraîne par le trait, la couleur, la forme, dans un univers d’une certaine apesanteur ainsi que dans un lyrisme où la peinture au féminin entrecroise figuration et abstraction.

Sa délicate palette nous prouve (et le fait est rare) qu’il est possible de faire vagabonder avec maîtrise certains passages de couleurs pourtant difficiles à dompter.

La richesse de cette plasticienne réside dans l’art d’esquisser les corps, la forme, dans le geste minimum qui laisse au spectateur son droit d’interpréter et, par là, de participer à la création proposée à son regard.

Il y a dans cette peinture, des silences à capter, des interrogations à percevoir, des sourires et des inquiétudes. Il y a obligation d’entrer dans la toile, de deviner et de « trouver ». Et là est une partie de l’essentiel que peut offrir son talent.